Choisir et appliquer un vernis transparent

Le vernis commence à donner à la guitare son apparence définitive. Les couleurs gagnent en profondeur, les figures du bois deviennent plus lisibles et les reflets apparaissent sur les galbes.

Mais ce qui semble impeccable après la première application ne le restera pas forcément. Un vernis peut se rétracter, conserver des solvants, emprisonner une poussière ou révéler une irrégularité que l'on croyait avoir éliminée.

Le travail consiste à construire un film régulier, suffisamment résistant pour protéger l'instrument, sans accumuler inutilement les épaisseurs.

Et contrairement à ce que pourrait laisser penser l'expression « vernis transparent », tous les produits ne donnent pas exactement la même couleur au bois.

Un vernis transparent n'est pas toujours parfaitement incolore

Prenons deux morceaux d'érable provenant de la même planche.

Sur le premier, on applique un vernis qui conserve une transparence presque neutre. Sur le second, une finition légèrement ambrée.

Le bois reste visible dans les deux cas, mais son apparence change. Le premier conserve des nuances relativement froides ; le second prend une coloration plus chaude.

La différence peut être recherchée. Un léger jaunissement convient parfois très bien à un manche d'inspiration vintage. Sur une guitare blanche ou une table teintée en bleu, le même phénomène risque de devenir gênant.

La couleur initiale n'est d'ailleurs qu'une partie du problème. Certaines résines jaunissent progressivement sous l'effet du vieillissement et de l'exposition à la lumière.

Le choix du vernis doit donc tenir compte de son comportement dans le temps, pas uniquement de l'aspect obtenu immédiatement après application.

La nitrocellulose

Les laques nitrocellulosiques restent associées à de nombreuses finitions traditionnelles de guitares électriques.

Elles sèchent principalement par évaporation de leurs solvants. Lorsqu'une nouvelle couche est appliquée, ceux-ci peuvent ramollir partiellement le film précédent, favorisant la liaison entre les applications.

Cette propriété facilite certains travaux de reprise et de réparation.

La nitrocellulose possède cependant ses contraintes. Le film peut continuer à perdre des solvants et à se rétracter après être devenu sec au toucher. Selon sa formulation, son épaisseur et les conditions auxquelles il est exposé, il peut également jaunir ou développer des craquelures avec le temps.

Une finition nitrocellulosique n'est pas nécessairement fragile, mais elle ne possède pas la même résistance chimique que certains systèmes modernes réticulés.

Sa facilité de réparation constitue en revanche un avantage appréciable sur un instrument destiné à vivre et, parfois, à subir quelques accidents.

Le fabricant NitorLACK décrit un procédé complet de vernissage nitrocellulosique, avec les applications successives, les périodes de séchage et les opérations de finition.

Le polyuréthane

Sous ce nom se trouvent des produits assez différents.

Certains vernis polyuréthanes sont monocomposants ; d'autres nécessitent le mélange d'une résine et d'un durcisseur. Les propriétés du film dépendent de leur formulation.

Les systèmes bicomposants destinés à la finition instrumentale peuvent produire des revêtements résistants aux frottements et aux produits courants, avec une bonne stabilité dimensionnelle après durcissement.

Ils possèdent généralement un extrait sec plus élevé que certaines laques nitrocellulosiques. Il est donc possible d'obtenir une épaisseur de film donnée en moins d'applications, selon les produits comparés.

Cette efficacité présente une contrepartie : la préparation du mélange et son application demandent davantage de rigueur.

Un produit dont les composants ont été mal dosés peut durcir incorrectement. Une fois la réaction engagée, le temps disponible pour l'utiliser est limité.

Les vernis polyuréthanes ne sont pas non plus tous parfaitement neutres. Certaines formulations prennent une nuance légèrement ambrée au vieillissement.

Le NitorPOL Gloss constitue un exemple de finition transparente bicomposante conçue pour les instruments de musique.

Les risques liés à la pulvérisation des produits contenant des isocyanates ont été détaillés dans l'article consacré aux peintures opaques. Ils s'appliquent également aux vernis qui en contiennent.

Les vernis 2K : un durcissement par réaction chimique

Dans les ateliers de peinture, on parle couramment de vernis 2K, pour deux composants. Le principe consiste à mélanger une base et un durcisseur peu avant l'application.

Contrairement à une laque nitrocellulosique, qui sèche principalement par évaporation des solvants, un vernis 2K durcit grâce à une réaction chimique entre ses composants. Le mélange forme progressivement un réseau de polymères réticulés, ce qui confère au film ses propriétés mécaniques et chimiques.

Il faut cependant éviter une confusion : 2K ne désigne pas une famille de résines. On rencontre des systèmes polyuréthanes, acryliques-polyuréthanes ou époxy bicomposants. Tous ne conviennent pas à la finition d'une guitare.

Les vernis 2K acryliques-polyuréthanes sont notamment employés en carrosserie pour obtenir des finitions brillantes, résistantes aux frottements et aux produits chimiques. Certaines formulations conviennent également aux instruments, sous réserve de compatibilité avec les couches précédentes.

Le mélange ne se fait pas au jugé

Chaque vernis possède un rapport de mélange déterminé.

On rencontre par exemple des proportions de 2:1 ou 4:1, auxquelles peut s'ajouter une quantité de diluant prévue par le fabricant. Ces valeurs ne sont que des exemples : elles ne doivent jamais être transposées d'un produit à l'autre.

Attention également aux unités. Un rapport indiqué en volume n'est pas nécessairement identique au rapport en masse, car la résine et le durcisseur peuvent avoir des densités différentes.

Un mauvais dosage compromet la réaction chimique. Le film peut rester collant, durcir de façon incomplète ou perdre une partie de sa résistance.

Après mélange, certains produits nécessitent un court temps de maturation avant l'application. D'autres peuvent être utilisés immédiatement.

La durée de vie du mélange

C'est une particularité à laquelle il faut s'habituer.

Dès que les deux composants sont réunis, la réaction commence. Le mélange ne reste utilisable que pendant une durée limitée, appelée durée de vie en pot ou pot life.

Au-delà, la viscosité peut augmenter et les propriétés d'application se dégrader. Un mélange peut même devenir impropre à l'utilisation avant de présenter un durcissement évident dans le godet.

Inutile de tenter de le récupérer avec davantage de diluant : la réaction chimique ne s'annule pas.

Pour la finition d'une guitare, il est donc judicieux de préparer uniquement la quantité nécessaire à la séance, en tenant compte des pertes dans le pistolet.

La température influence cette durée. Un mélange conservé à 30 °C peut évoluer sensiblement plus vite que le même produit à 20 °C.

Les vernis 2K en aérosol

Il existe aussi des vernis bicomposants conditionnés en bombe.

Leur fonctionnement diffère de celui d'un aérosol ordinaire. La résine et le durcisseur sont conservés dans deux compartiments séparés. Un mécanisme situé généralement sous la bombe permet de libérer le durcisseur dans le récipient principal.

Une fois le système activé et correctement mélangé, la bombe devient utilisable pour une durée limitée.

Le SprayMax 2K Clear Coat annonce, par exemple, une durée d'utilisation de 48 heures à 20 °C. D'autres formulations rapides de la même marque disposent d'une fenêtre bien plus courte.

Une bombe activée n'est donc pas destinée à être conservée pendant des mois entre deux interventions.

Ces aérosols peuvent être intéressants pour de petites pièces ou des travaux ponctuels. Ils n'offrent cependant pas tous les réglages d'un pistolet et présentent les mêmes risques chimiques que les produits équivalents préparés en godet.

Pourquoi choisir un 2K ?

Sur une guitare électrique, l'intérêt tient principalement à la résistance du film et à sa capacité à conserver un brillant régulier.

Un système bien choisi peut offrir une bonne tenue aux frottements, à la transpiration et aux produits courants. Certaines formulations présentent également une résistance intéressante au jaunissement, notamment les systèmes utilisant des durcisseurs aliphatiques.

Les vernis 2K possèdent souvent un extrait sec relativement élevé. On peut ainsi construire une épaisseur de protection suffisante avec moins d'applications qu'avec certaines laques traditionnelles.

En revanche, une finition fortement réticulée se répare généralement moins facilement qu'une nitrocellulose. Les nouvelles couches ne se fondent pas nécessairement dans les anciennes sous l'effet des solvants.

Leur adhérence peut exiger un ponçage préalable, particulièrement lorsque le délai maximal de recouvrement est dépassé.

Quant à leur dureté, elle ne constitue pas une garantie universelle contre les rayures ou les fissures. La souplesse et la résistance du revêtement dépendent de sa formulation.

Avertissement

Une précaution particulière avec les isocyanates

De nombreux vernis 2K polyuréthanes ou acryliques-polyuréthanes utilisent des durcisseurs à base de polyisocyanates.
Lors de la pulvérisation, ils peuvent produire un brouillard contenant des substances capables de provoquer une sensibilisation respiratoire grave, notamment un asthme professionnel.
Un masque filtrant classique, même équipé de cartouches contre les vapeurs organiques, ne constitue pas une protection suffisante pour pulvériser ces produits. Une installation de pulvérisation adaptée, avec extraction et protection respiratoire à adduction d'air, est nécessaire pour les procédés concernés.
Le guide de prévention de la Suva consacré aux peintures et vernis polyuréthanes détaille ces risques.
Dans un petit atelier dépourvu de cabine et d'équipement respiratoire appropriés, mieux vaut choisir un système de finition dont l'application peut être effectuée dans des conditions maîtrisées.

Les vernis en phase aqueuse

Un vernis aqueux n'est pas simplement un vernis traditionnel dans lequel on aurait remplacé le solvant par de l'eau.

Les résines sont dispersées ou dissoutes dans un milieu principalement aqueux, avec des additifs adaptés à leur formation en film.

Certaines formulations apparaissent blanchâtres dans le récipient. Cette apparence disparaît normalement au cours du séchage, lorsque le film se forme correctement.

Les produits modernes permettent d'obtenir des finitions très transparentes, parfois particulièrement intéressantes pour conserver les couleurs froides.

Ils ne sont toutefois pas tous équivalents. Certains forment un film assez souple, d'autres produisent une surface plus dure et résistante. Leur comportement face à l'humidité, aux produits de nettoyage et aux frottements varie.

Il faut aussi surveiller les conditions de séchage. Une température trop basse peut empêcher certaines dispersions de résine de former correctement leur film, même après évaporation apparente de l'eau.

NitorLACK décrit les particularités d'application de sa gamme aqueuse dans son guide de finition à l'eau pour guitare.

Et la gomme-laque ?

La gomme-laque constitue également une finition transparente, mais son application au tampon relève d'un procédé suffisamment particulier pour être traité séparément.

Elle n'a pas le même comportement qu'un vernis polyuréthane ou qu'une laque nitrocellulosique, notamment face à l'alcool, à la chaleur et à l'humidité.

Elle reste intéressante pour certaines finitions traditionnelles, en particulier lorsqu'on recherche un film mince et facilement réparable.

Brillant, satiné ou mat : choisir avant de commencer

Le brillant ne dépend pas uniquement de la qualité du polissage. Il peut être déterminé par la formulation même du vernis.

Un produit brillant laisse généralement une surface capable de réfléchir la lumière de manière relativement spéculaire, à condition que son état de surface soit suffisamment régulier.

Les vernis satinés et mats contiennent souvent des agents matants qui diffusent une partie de cette lumière.

La surface paraît alors moins réfléchissante, même lorsque l'application est parfaitement réussie.

AspectRésultat recherchéParticularité de finition
BrillantReflets nets, profondeur visuellePeut être mis à niveau puis poli après durcissement
SatinéReflets atténués, aspect intermédiaireDoit conserver une matité uniforme
MatReflets très diffusLes frottements et le polissage peuvent créer des zones brillantes

Sur un manche, le satiné peut procurer une sensation agréable, particulièrement lorsque les mains sont légèrement humides.

Il faut toutefois distinguer le satiné obtenu avec une formulation spécifique de celui que l'on crée en dépolissant volontairement une finition brillante.

Dans le premier cas, la matité dépend notamment des agents contenus dans le film. Dans le second, elle résulte de micro-rayures réalisées à la surface.

Ces deux approches ne donnent pas nécessairement le même toucher ni le même comportement à l'usure.

Pourquoi bien mélanger un vernis mat ?

Les agents matants peuvent se déposer au fond du récipient pendant le stockage.

Si le produit n'est pas correctement homogénéisé, la première application peut être plus brillante que les suivantes.

Il faut donc mélanger soigneusement le vernis avant utilisation, sans provoquer inutilement de bulles.

Certains fabricants recommandent d'utiliser une finition brillante ou semi-brillante pour construire les premières couches, puis de terminer par une couche satinée ou mate.

Cette méthode peut limiter l'accumulation d'agents matants et améliorer la transparence du film.

General Finishes explique notamment ce principe dans sa documentation sur les vernis aqueux.

Une précaution cependant : polir un vernis mat ou satiné peut créer des plages brillantes. Le dernier état de surface doit donc être obtenu avec une méthode adaptée à la finition choisie.

Préparer le vernis, pas seulement le pistolet

Un vernis transparent révèle immédiatement les poussières, les grumeaux et les contaminations.

Même lorsqu'il est vendu prêt à l'emploi, le produit demande quelques vérifications.

Une peau peut s'être formée à la surface du récipient. Des particules peuvent également provenir du bouchon, de l'outil utilisé pour mélanger ou du stockage.

Une filtration adaptée permet d'éviter qu'elles atteignent la buse du pistolet.

Il faut cependant choisir le filtre en fonction du produit. Certaines formulations contiennent des additifs ou des composants particuliers qui ne doivent pas être retenus par une filtration inappropriée.

La viscosité

Une laque trop épaisse s'atomise difficilement. Elle peut produire de grosses gouttelettes et laisser une surface irrégulière.

À l'inverse, une dilution excessive réduit la quantité de matière déposée à chaque passage et peut favoriser les coulures.

La viscosité influence également la capacité du film à se tendre avant de sécher.

Certaines finitions sont livrées directement à la viscosité d'application. D'autres nécessitent l'ajout d'un diluant déterminé.

Pour les systèmes professionnels, le fabricant peut indiquer une viscosité mesurée avec une coupe normalisée, à une température donnée.

C'est une méthode plus reproductible que de juger le produit uniquement à la manière dont il s'écoule d'une spatule.

Dans un système bicomposant, on respecte d'abord les proportions de résine et de durcisseur. La dilution intervient ensuite selon les instructions du fabricant.

Il ne faut pas modifier le rapport entre les composants pour rendre le mélange plus fluide.

La première couche : regarder ce que fait le produit

Lorsque le fond a été correctement préparé, l'application d'un vernis transparent produit souvent un changement immédiat.

La teinte prend de la profondeur. Les figures du bois se détachent davantage. Les zones légèrement mates deviennent plus uniformes.

Cette transformation est particulièrement visible sur un érable flammé ou sur une table ayant reçu une coloration transparente.

Mais ce premier passage peut aussi révéler un problème.

Une zone qui refuse de se mouiller correctement, une petite rétraction du film ou une différence de brillance peuvent signaler une contamination ou une préparation insuffisante.

Dans ce cas, mieux vaut interrompre le travail et identifier la cause.

Ajouter du vernis sur une surface qui présente déjà un défaut d'adhérence ne le fera pas disparaître.

Construire progressivement le film

Pour la plupart des vernis destinés à la pulvérisation, plusieurs applications contrôlées permettent d'obtenir un résultat plus régulier qu'une seule couche très chargée.

Le but n'est pas de faire briller immédiatement la guitare.

Une première couche peut présenter un aspect légèrement irrégulier. Les applications suivantes contribueront à former un film continu, à condition que les intervalles et les épaisseurs soient respectés.

Avec certains vernis aqueux, le film fraîchement déposé peut paraître légèrement laiteux. Il devient plus transparent pendant le séchage.

Avec une laque nitrocellulosique, la surface peut sembler presque parfaitement tendue dès l'application, puis révéler un léger retrait quelques heures plus tard.

Ces comportements ne doivent pas être interprétés de la même manière.

Le produit choisi détermine la technique, pas l'inverse.

Faire le tour du corps sans oublier les côtés

Une guitare n'est pas une porte de placard.

Elle présente des cornes, des échancrures, des chanfreins et parfois une table sculptée. Chaque changement d'orientation modifie la manière dont le jet atteint la surface.

Il est pratique de pouvoir faire pivoter l'instrument sans le toucher. Un support fixé dans une zone qui ne recevra pas de finition peut convenir, à condition de rester stable.

On organise ensuite l'application pour couvrir toutes les faces.

Sur une table plane, les passes sont relativement simples à répartir. Dans une échancrure, le pistolet doit être orienté différemment. Près des cornes, on risque de déposer plusieurs fois du produit sur la même zone.

La difficulté consiste à obtenir une épaisseur suffisamment homogène, sans laisser de partie sèche ni accumuler le vernis sur les contours.

Les surfaces convexes demandent une attention particulière.

Une couche apparemment généreuse au centre de la table peut être beaucoup plus mince sur certaines arêtes. C'est précisément à ces endroits que les opérations ultérieures de ponçage risqueront de traverser le film.

Il ne s'agit pas pour autant de charger les arêtes jusqu'à obtenir des bourrelets. Une application régulière doit préserver leur géométrie.

Vernir le manche

Le dos du manche mérite un soin particulier, car il restera en contact permanent avec la main.

Une coulure légère sur une zone peu visible du corps peut parfois passer inaperçue. Sur le manche, elle devient immédiatement sensible.

L'épaisseur du revêtement doit rester régulière, notamment autour du talon et près de la tête.

Sur une touche non vernie, le masquage de la face de jeu permet de prolonger la finition du manche jusqu'au bord supérieur de la touche, sans créer une marche désagréable sous les doigts.

Ce point a déjà été développé dans « Masquer et protéger les zones sensibles ».

Il faut également éviter les accumulations autour des extrémités des frettes et dans les raccords difficiles d'accès.

Combien de couches faut-il appliquer ?

La question revient souvent, mais un nombre de couches ne décrit pas correctement l'épaisseur d'une finition.

Une application au pistolet peut déposer beaucoup plus de matière qu'une pulvérisation légère en aérosol.

Un vernis à haut extrait sec laissera également davantage de matière après durcissement qu'une laque contenant une proportion importante de solvants volatils, à épaisseur humide égale.

Prenons un exemple simplifié.

Si l'on dépose une couche humide de 100 µm avec un produit dont l'extrait sec en volume est de 30 %, l'épaisseur théorique du film sec sera d'environ 30 µm.

Avec un autre produit présentant 60 % d'extrait sec en volume, cette même épaisseur humide laissera théoriquement 60 µm de film sec.

Ces valeurs supposent que les produits se comportent conformément à leur formulation et que l'on ne retire pas ensuite de matière par ponçage.

Elles montrent surtout pourquoi six couches d'un produit ne sont pas nécessairement comparables à six couches d'un autre.

Une finition épaisse est-elle meilleure ?

Pas automatiquement.

Le vernis doit offrir une protection suffisante et permettre les éventuelles opérations de mise à niveau. Au-delà, augmenter l'épaisseur peut devenir inutile ou contre-productif.

Une couche trop chargée peut retenir des solvants, se rétracter longtemps après l'application ou présenter des défauts de durcissement.

Sur certaines finitions, une épaisseur excessive augmente également les contraintes internes du film.

Il faut aussi tenir compte des dimensions de l'instrument. Une accumulation importante autour d'une poche de manche, d'un logement de composant ou d'une zone d'assemblage peut provoquer des difficultés mécaniques.

Le programme de finition nitrocellulosique proposé par StewMac distingue d'ailleurs les finitions relativement fines de celles qui demandent davantage de matière pour permettre un ponçage et un polissage importants.

Ces nombres de couches correspondent à leurs produits et à leurs méthodes. Ils ne constituent pas une règle pour toutes les résines.

Faut-il poncer entre les couches ?

Avec certains vernis, les applications successives peuvent être réalisées sans égrenage systématique, tant que l'on reste dans la fenêtre de recouvrement prévue.

C'est notamment le cas de certaines laques nitrocellulosiques, dont les solvants permettent aux couches de se lier.

D'autres systèmes nécessitent un léger ponçage après un certain délai pour garantir l'adhérence de la couche suivante.

Un égrenage peut aussi être utile pour éliminer des poussières ou de petites aspérités.

La question n'est donc pas de savoir s'il faut poncer après chaque application, mais si la surface et le système le nécessitent.

Le choix du grain

Sur les finitions nitrocellulosiques de NitorLACK, le fabricant décrit notamment un ponçage au P800 entre certaines applications de vernis transparent.

Cette finesse permet de corriger de petites irrégularités sans laisser de rayures grossières.

Elle correspond bien à une préparation soignée, mais ne doit pas être généralisée aux vernis bicomposants. Certains exigent un état de surface moins fin pour obtenir une bonne adhérence mécanique après dépassement du délai de recouvrement.

Lorsque l'égrenage est nécessaire, on intervient sur le film suffisamment sec, avec une pression modérée.

Sur une finition colorée recouverte de transparent, il faut éviter d'atteindre les couches pigmentées.

Les arêtes sont les premières victimes d'un ponçage trop enthousiaste.

Si la surface est propre, régulière et que le produit autorise le recouvrement direct, il n'y a aucune raison de retirer de la matière simplement pour respecter une habitude.

Séchage, durcissement et délai avant polissage

Une guitare peut sembler sèche quelques heures après l'application et conserver un film encore trop tendre pour être polie.

Le phénomène est particulièrement sensible avec les laques qui sèchent par évaporation de solvants.

Lorsque plusieurs couches se succèdent, les solvants des applications précédentes peuvent continuer à migrer vers l'extérieur.

La surface devient manipulable bien avant que le film ait atteint un état suffisamment stable pour supporter un travail mécanique important.

Les systèmes réticulés présentent une autre évolution. Leur résistance augmente pendant la réaction chimique, dont la vitesse dépend notamment de la formulation et de la température.

Quant aux vernis aqueux, leur séchage implique l'évacuation de l'eau et, selon la résine, la formation puis le durcissement du film.

Ces mécanismes conduisent à des délais différents.

Le guide de vernissage nitrocellulosique de NitorLACK prévoit, par exemple, plusieurs semaines avant les opérations finales de ponçage et de polissage.

Certains polyuréthanes bicomposants peuvent être travaillés beaucoup plus rapidement, à condition d'avoir été appliqués et durcis dans les conditions prévues.

Il ne suffit donc pas de passer un doigt sur une zone discrète et de constater qu'elle ne colle plus.

Laisser la guitare tranquille

Pendant le séchage, l'instrument doit rester dans un environnement propre, ventilé conformément aux exigences du produit et protégé des manipulations inutiles.

Une housse en mousse ou un support recouvert de caoutchouc peut laisser des marques sur une finition encore tendre.

Les mousses, les plastifiants et certains matériaux synthétiques peuvent également réagir avec des vernis qui n'ont pas atteint leur durcissement complet.

Il vaut mieux utiliser un système de suspension approprié et éviter tout contact prolongé avec les surfaces fraîchement vernies.

Sur un manche, la trace d'un support mal choisi est particulièrement frustrante : elle peut apparaître plusieurs heures après que l'on a cru le travail terminé.

Quand le vernis refuse de se tendre

Le terme tension désigne ici la capacité du film liquide à s'étaler pour former une surface régulière avant son séchage.

Un produit correctement appliqué peut conserver une légère peau d'orange. Ce défaut dépend notamment de la viscosité, de l'atomisation, de la vitesse d'évaporation et de la quantité déposée.

On pourrait être tenté d'ajouter immédiatement une couche plus épaisse pour noyer les irrégularités.

C'est rarement une bonne méthode.

Une surcharge risque de provoquer une coulure ou de retenir davantage de solvants. Elle peut aussi produire une surface apparemment lisse qui se rétractera ensuite.

Il faut chercher la cause du défaut.

Si le vernis sèche avant d'avoir pu se tendre, la température, le diluant ou la distance de pulvérisation peuvent intervenir.

Avec certaines laques nitrocellulosiques, un diluant à évaporation plus lente peut améliorer le comportement du film dans des conditions particulières. Ce choix doit rester compatible avec la formulation.

L'humidité de l'air peut aussi provoquer un voile blanchâtre dans certaines laques solvantées. Ce phénomène, parfois appelé blushing, apparaît lorsque l'évaporation refroidit la surface et favorise la condensation de l'humidité.

Le guide NitorLACK sur la finition nitrocellulosique présente notamment l'emploi de diluants retardateurs dans ces situations.

À l'inverse, les vernis aqueux possèdent leurs propres contraintes de température et d'humidité. Le comportement d'une résine dispersée dans l'eau ne se corrige pas nécessairement avec les mêmes méthodes qu'une laque solvantée.

La dernière couche

Sur une finition brillante, une légère peau d'orange ou quelques poussières peuvent encore être corrigées après durcissement, à condition qu'il reste assez de matière pour travailler sans atteindre les couches inférieures.

Pour une finition satinée ou mate, les possibilités sont différentes.

La dernière application doit être particulièrement régulière, car un ponçage ou un polissage local peut modifier son niveau de brillant.

Dans les deux cas, la dernière couche doit rester suffisamment propre pour ne pas imposer des corrections disproportionnées.

Il faut aussi se garder d'une erreur fréquente : appliquer une ultime couche simplement parce qu'on dispose encore d'un peu de vernis dans le godet.

Si l'épaisseur est suffisante, que la surface est régulière et que le produit a été correctement appliqué, une couche supplémentaire n'apporte pas nécessairement d'amélioration.

Elle remet en jeu les risques de poussières, de coulures et de défauts de séchage.

Le travail s'arrête lorsque le film possède les propriétés et l'épaisseur recherchées.

Sur un vernis brillant, il restera éventuellement à effectuer la mise à niveau et le polissage après durcissement. Sur une finition mate, l'aspect final pourra déjà être celui obtenu à la sortie de l'application.

Une guitare fraîchement vernie est particulièrement tentante à manipuler. C'est généralement le moment où il vaut mieux la laisser suspendue à son support et aller faire autre chose.