Concevoir l’électronique et les contrôles d’une guitare
Une Stratocaster et une Les Paul peuvent proposer les mêmes fonctions électriques, mais certainement pas la même implantation. Sur la première, l’essentiel du circuit sort avec le pickguard ; sur la seconde, les contrôles traversent la table et le câblage se retire par l’arrière. Ce choix d’architecture doit être fait avant de dessiner les défonces.
Partir des gestes, pas des trous
Le schéma électrique définit les fonctions : volume, tonalité, sélection de micros, éventuels commutateurs supplémentaires. La place de chaque contrôle dépend ensuite de la manière de jouer. Un volume près de la main droite permet des variations rapides, mais peut aussi être accroché involontairement. Deux volumes indépendants sont intéressants sur le papier ; encore faut-il que le musicien puisse distinguer les boutons sans regarder.
À cette étape, un dessin grandeur nature, quelques boutons posés sur la table et l’instrument tenu en position de jeu donnent souvent une réponse plus fiable qu’un beau rendu 3D. Les entraxes, les boutons, la course des sélecteurs et l’accessibilité de la prise jack sont traités dans Implanter potentiomètres, sélecteurs et jack.
Décider comment le circuit sera monté et démonté
Avec un pickguard porteur, micros et contrôles peuvent être assemblés puis testés hors du corps. La plaque doit toutefois masquer les cavités et conserver des appuis solides pour ses vis. Avec une cavité arrière, la table reste libre ; en contrepartie, les potentiomètres traversent le bois, les écrous doivent rester accessibles et le faisceau doit pouvoir être extrait sans arracher les connexions.
Ces deux architectures peuvent se combiner. Le choix décisif n’est pas esthétique : pourra-t-on installer le dernier composant, atteindre ses fixations, puis ressortir l’ensemble pour une réparation ? Une ouverture suffisante pour les doigts ne l’est pas forcément pour une carte électronique ou un potentiomètre push-pull.
Deux dessins complémentaires
Le schéma électrique indique quelles bornes sont reliées. Le plan mécanique montre où se trouvent réellement ces bornes, dans quel sens les cosses sont orientées et par où les conducteurs passent. Il faut faire correspondre les deux. Une liaison électrique correcte peut devenir impossible à souder si la cosse est plaquée contre une paroi ; un connecteur peut empêcher la dépose d’un pickguard si le passage a été percé au diamètre des fils nus.
Les dimensions des cavités, les fermetures et l’ordre d’assemblage sont développés dans Dessiner les cavités électroniques et les passages de câbles. Pour les préamplificateurs, cartes supplémentaires et alimentations, voir Intégrer une électronique active et sa batterie.
Un essai avant de retirer du bois
Le prototype le plus utile n’est pas nécessairement câblé. Fixez les vrais composants sur une chute de bois de l’épaisseur prévue, mettez les boutons en place, branchez une fiche droite puis une fiche coudée et simulez l’ouverture du logement. Ce test répond à trois questions distinctes : les contrôles sont-ils agréables à utiliser, les composants entrent-ils sans forcer et pourra-t-on les retirer plus tard ? Si l’une des réponses est non, c’est encore le moment de modifier le dessin.