Les cordes
Une corde de guitare paraît être l’élément le plus simple de l’instrument, pourtant son diamètre, sa construction, ses matériaux, sa masse linéique, sa longueur vibrante et son accordage déterminent directement sa tension, sa souplesse, son comportement au bend, l’effort appliqué au manche et l’équilibre d’un éventuel vibrato.

Changer de jeu de cordes ne consiste donc pas seulement à choisir entre « 9-42 » et « 10-46 ». Deux cordes affichant le même diamètre extérieur peuvent présenter des comportements différents selon la taille de leur âme, le matériau du filage et leur construction, tandis qu’un même jeu donnera une sensation différente sur une Stratocaster de 25,5 pouces et une Les Paul de 24,75 pouces.
La corde nue et la corde filée
Les cordes aiguës d’une guitare électrique sont généralement constituées d’un simple fil d’acier, alors que les cordes graves sont composées d’une âme métallique entourée d’un fil supplémentaire enroulé en hélice.
La raison est essentiellement mécanique. Pour obtenir une note grave avec une corde nue, il faudrait utiliser un diamètre important, ce qui donnerait une corde très raide et difficile à jouer. L’ajout d’un filage permet d’augmenter fortement la masse par unité de longueur sans augmenter dans les mêmes proportions la rigidité de l’ensemble.
Un jeu courant de guitare électrique possède ainsi généralement trois cordes nues, Mi, Si et Sol, puis trois cordes filées, Ré, La et Mi grave. Certains jeux destinés au jazz ou aux tirants élevés utilisent toutefois un Sol filé.
Ce détail change sensiblement le comportement de l’instrument, un Sol filé étant généralement plus difficile à tirer lors d’un bend mais offrant une transition mécanique plus régulière entre les cordes aiguës et graves.
L’âme de la corde
À l’intérieur d’une corde filée se trouve une âme en acier qui supporte l’essentiel de la tension mécanique. Le fil extérieur apporte principalement de la masse et participe évidemment aux propriétés magnétiques, à la surface de contact et au comportement de la corde sous les doigts.
Deux formes d’âme sont aujourd’hui courantes : ronde et hexagonale.
L’âme ronde
Historiquement, les premières cordes filées utilisaient naturellement une âme ronde. Le fil extérieur est enroulé autour d’un cylindre lisse et doit être suffisamment serré pour ne pas se déplacer.
Cette construction reste utilisée par plusieurs fabricants, notamment pour certaines gammes à orientation vintage. Elle donne une corde dont le filage peut conserver davantage de liberté mécanique autour de l’âme, mais nécessite une fabrication particulièrement maîtrisée pour éviter qu’il ne glisse.
Il faut être prudent avec les descriptions commerciales associant systématiquement âme ronde à davantage de souplesse ou à un type de son déterminé, car la taille de l’âme, le diamètre du filage et l’alliage utilisé jouent également un rôle important.
L’âme hexagonale
Une âme hexagonale présente six arêtes sur lesquelles le fil extérieur vient s’appuyer. Celui-ci épouse légèrement la forme de l’âme pendant l’enroulement, ce qui améliore son accrochage mécanique et limite les risques de déplacement du filage.
Cette construction est devenue extrêmement répandue sur les cordes modernes. D’Addario l’utilise par exemple sur ses XL, tandis qu’Ernie Ball décrit également ses cordes Nickel Wound comme un fil de nickel plaqué enroulé autour d’une âme hexagonale en acier.
La forme de l’âme n’est cependant qu’un paramètre parmi d’autres, deux cordes à âme hexagonale de même diamètre extérieur peuvent avoir des sensations très différentes si leurs rapports entre diamètre d’âme et épaisseur de filage ne sont pas identiques.
Roundwound, flatwound et halfround
La surface d’une corde filée dépend de la forme du fil qui entoure son âme.
| ConstructionPrincipeCaractéristiques principales | ||
| Roundwound | fil rond enroulé autour de l’âme | surface striée, grande souplesse, standard actuel de la guitare électrique |
| Flatwound | ruban plat enroulé autour de l’âme | surface très lisse, moins de bruit de déplacement des doigts, comportement plus amorti |
| Halfround | corde ronde ensuite rectifiée ou polie | compromis entre surface lisse et construction roundwound |
La corde roundwound est aujourd’hui la plus courante. Sa surface présente les petites rainures caractéristiques du fil rond, ce qui lui donne une certaine souplesse et laisse une grande partie du filage libre de vibrer.
La flatwound utilise un fil de section aplatie, comparable à un ruban qui s’enroule autour de l’âme. Sa surface devient presque continue, les doigts glissent beaucoup plus silencieusement et la corde présente généralement davantage de rigidité mécanique et moins de composantes aiguës qu’une roundwound comparable. Elle reste particulièrement associée au jazz, mais elle n’est évidemment pas limitée à ce style.
La halfround occupe une position intermédiaire. Chez D’Addario, par exemple, une corde roundwound en acier inoxydable est rectifiée après enroulement afin d’obtenir une surface plus lisse sans devenir une véritable flatwound. D'Addario
De quoi sont faites les cordes de guitare électrique ?
Pour qu’un micro magnétique fonctionne correctement, la corde doit contenir suffisamment de matériau ferromagnétique pour perturber le champ du micro. C’est pourquoi l’acier est au cœur de pratiquement toutes les cordes destinées à la guitare électrique magnétique.
Les désignations commerciales peuvent cependant prêter à confusion. Une corde dite Nickel Wound n’est généralement pas constituée d’un filage en nickel pur, mais d’un fil d’acier plaqué nickel. C’est aujourd’hui l’une des constructions les plus répandues pour la guitare électrique. D’Addario et Ernie Ball utilisent tous deux cette architecture dans leurs gammes courantes. D'Addario
Les cordes Pure Nickel utilisent en revanche un filage de nickel autour de l’âme en acier. Cette construction rappelle celle de nombreuses cordes utilisées pendant les premières décennies de la guitare électrique.
L’acier inoxydable est également utilisé pour le filage, avec une excellente résistance à la corrosion et des propriétés magnétiques différentes selon l’alliage. D’autres fabricants proposent des alliages au cobalt, des aciers spéciaux ou des combinaisons propriétaires, mais il vaut mieux les considérer comme des variantes métallurgiques plutôt que comme des catégories fondamentales. Ernie Ball commercialise ainsi des gammes utilisant nickel, acier inoxydable, cobalt, acier maraging et différents alliages propriétaires. Ernie Ball
Le tirant
Le tirant, ou gauge, correspond au diamètre de la corde exprimé en millièmes de pouce. Une corde de .010" mesure donc dix millièmes de pouce de diamètre, soit environ 0,254 mm.
Lorsqu’on parle d’un jeu de « 10-46 », on indique généralement le diamètre de la corde la plus aiguë et celui de la plus grave. Un jeu typique peut par exemple être composé de :
| CordeExemple de jeu 10-46 | |
| Mi aigu | .010 |
| Si | .013 |
| Sol | .017 |
| Ré | .026 |
| La | .036 |
| Mi grave | .046 |
Ces valeurs ne constituent pas une norme universelle. Deux fabricants peuvent proposer des jeux portant la même appellation avec des diamètres intermédiaires légèrement différents.
Les jeux 9-42 et 10-46 font partie des ensembles très courants, mais on rencontre également des 8-38, 11-49, 11-52, 12-52 et de nombreuses combinaisons destinées aux accordages abaissés ou aux diapasons particuliers.
Diamètre et tension ne sont pas la même chose
Une confusion fréquente consiste à considérer que le diamètre suffit à déterminer la tension d’une corde. Ce n’est vrai que si sa construction et ses matériaux sont connus.
La tension dépend de trois éléments fondamentaux : la masse par unité de longueur, la longueur vibrante et la fréquence à laquelle la corde est accordée. D’Addario utilise ces trois paramètres dans ses tables de tension : Unit Weight, Scale Length et fréquence. D'Addario
À matériau et construction identiques, une corde plus grosse possède généralement davantage de masse par unité de longueur et demande donc davantage de tension pour atteindre la même note.
Mais une .046" construite autour d’une grosse âme ne possède pas nécessairement exactement la même masse linéique ni la même rigidité qu’une autre .046" utilisant une âme plus fine et davantage de filage.
C’est pourquoi le diamètre inscrit sur l’emballage reste une information essentielle, mais ne raconte pas toute l’histoire.
Le diapason change la tension
À corde et accordage identiques, augmenter le diapason augmente la tension nécessaire pour atteindre la même note.
C’est l’une des raisons pour lesquelles un jeu identique paraît généralement plus ferme sur une Fender de 25,5 pouces que sur une Gibson de 24,75 pouces.
La différence n’est pas gigantesque, mais elle est parfaitement mesurable et perceptible. Elle explique également pourquoi les instruments à diapason long sont particulièrement intéressants pour les accordages graves : ils permettent de conserver une tension convenable sans devoir augmenter autant le diamètre des cordes.
La tension varie avec le carré de la longueur vibrante, ce qui signifie qu’une petite variation de diapason produit une variation de tension plus importante que ne le laisserait penser la simple différence de longueur. D'Addario
Descendre l’accordage
Abaisser une corde d’un demi-ton diminue sa fréquence et donc sa tension. En descendant l’ensemble de la guitare de Mi standard vers Ré ou Do, les cordes deviennent progressivement plus souples.
Pour retrouver une sensation comparable, on augmente généralement leur diamètre.
C’est pourquoi les guitaristes utilisant des accordages très graves adoptent souvent des jeux hybrides ou des tirants beaucoup plus élevés, parfois associés à un diapason plus long, voire à une guitare baryton.
Il n’existe cependant pas de correspondance absolue du type « tel accordage exige tel tirant », car le choix dépend également du diapason, de la construction des cordes et surtout de la sensation recherchée.
Pour choisir un tirant et contrôler les conséquences d’un Drop D, Drop C ou open tuning, voir les réglages liés aux accordages alternatifs.
Les jeux hybrides
Un jeu n’est pas obligé de suivre une progression traditionnelle. Les ensembles souvent appelés Light Top / Heavy Bottom utilisent des cordes aiguës relativement légères et des graves plus épaisses.
Un 10-52, par exemple, permet de conserver des bends raisonnablement souples sur les cordes aiguës tout en donnant davantage de tension aux graves.
Cette combinaison est particulièrement intéressante avec les accordages abaissés, où une sixième corde trop légère peut devenir difficile à contrôler alors que l’on souhaite conserver des aigus faciles à tirer.
Il faut toutefois tenir compte de l’équilibre général de l’instrument, surtout avec un vibrato flottant : modifier la tension totale du jeu déplace immédiatement l’équilibre entre cordes et ressorts.
Les jeux à tension équilibrée
Certains fabricants proposent des jeux dits Balanced Tension, dans lesquels les diamètres sont choisis pour rapprocher davantage les tensions individuelles des six cordes.
Un jeu traditionnel n’offre pas nécessairement une tension identique sur chacune d’elles. Cette irrégularité provient en partie de l’histoire des combinaisons de tirants et en partie de la transition entre cordes nues et cordes filées.
Les jeux équilibrés cherchent donc à obtenir une sensation plus régulière d’une corde à l’autre, sans prétendre pour autant qu’une tension mathématiquement identique produise nécessairement la sensation idéale pour chaque musicien.
Pourquoi le Sol est-il particulier ?
Sur une guitare électrique moderne, le Sol est souvent la corde nue la plus grosse. Il se trouve donc dans une zone mécanique assez différente des cordes plus fines.
Une grosse corde nue est relativement raide par rapport à son diamètre, ce qui peut compliquer légèrement l’intonation et la sensation sous les doigts. C’est notamment pour cette raison que les jeux destinés au jazz ou à certains tirants élevés utilisent fréquemment un Sol filé.
Le passage du Sol nu au Sol filé modifie suffisamment la compensation nécessaire pour qu’un réglage d’intonation puisse devoir être repris.
Sur certains chevalets anciens à pontets communs, comme les Telecaster à trois pontets, ce choix prend encore davantage d’importance puisque deux cordes partagent le même élément de compensation.
La rigidité ne doit pas être confondue avec la tension
Deux cordes peuvent exercer une tension comparable sur la guitare tout en donnant une sensation différente sous les doigts.
Lors d’un bend, le guitariste ne ressent pas uniquement la tension statique, mais aussi la manière dont la corde se déforme. Son diamètre, son âme, son filage, sa longueur totale entre ses points d’ancrage et la géométrie du chevalet participent donc à la sensation de souplesse.
C’est pourquoi deux jeux présentant des tensions proches sur une fiche technique peuvent ne pas sembler identiques en pratique.
Il faut également distinguer le comportement d’une corde à vide de ce qui se passe lorsqu’on la tire latéralement : un bend impose une déformation supplémentaire à toute la longueur de corde capable de se déplacer entre ses points d’ancrage.
La longueur derrière le chevalet et le sillet
Seule la portion comprise entre les deux points d’appui définit directement la hauteur de la note, mais la corde continue souvent au-delà.
Sur une guitare à cordier séparé, une certaine longueur existe derrière le chevalet. Du côté de la tête, une autre portion relie le sillet à la mécanique.
Ces segments ne changent pas le diapason, mais ils peuvent participer à la déformation ressentie pendant un bend si la corde peut glisser sur ses points d’appui.
C’est également l’une des raisons pour lesquelles deux guitares présentant le même diapason ne donnent pas nécessairement une sensation absolument identique.
Les cordes et le vibrato
Sur un vibrato flottant, les six cordes forment ensemble l’un des côtés d’un équilibre mécanique, les ressorts formant l’autre.
Changer le tirant revient donc à modifier cet équilibre.
Passer d’un jeu 9-42 à un 10-46 augmente généralement la tension totale. Si aucun autre réglage n’est effectué, le chevalet flottant se soulève davantage.
Il faut alors augmenter la tension des ressorts, généralement en resserrant la griffe, afin de retrouver la position initiale du chevalet.
Ce comportement n’est pas propre au Floyd Rose. Il concerne tous les systèmes flottants dont la position résulte directement de l’équilibre entre cordes et ressorts.
Sur un vibrato posé contre la table ou configuré en dive-only, les conséquences sont moins importantes puisque le chevalet possède une butée mécanique dans un sens.
Le Floyd Rose et les boules de corde
Sur un Floyd Rose Original traditionnel, l’extrémité de la corde est bloquée directement dans le pontet par une petite pièce de serrage. La boule située au bout d’une corde conventionnelle est donc généralement coupée avant son insertion.
Certaines personnes montent les cordes à l’envers, en conservant la boule du côté des mécaniques, mais ce n’est pas une nécessité mécanique du système.
Le principe important est que la corde soit immobilisée au chevalet et au sillet, ce qui isole pratiquement sa partie vibrante des deux extrémités extérieures une fois le système verrouillé.
Les cordes double-ball
Steinberger a popularisé une autre solution avec les cordes double-ball, qui possèdent une terminaison métallique aux deux extrémités.
Elles peuvent être installées très rapidement entre le point d’ancrage situé au bout du manche et le mécanisme d’accordage placé au chevalet, sans couper la corde ni réaliser d’enroulement.
Ce format est particulièrement adapté aux instruments headless Steinberger classiques et était également indispensable au fonctionnement correct de certains TransTrem, qui demandaient des cordes calibrées pour que le mécanisme puisse transposer les six cordes en conservant les intervalles.
De nombreux systèmes headless modernes utilisent cependant des cordes ordinaires, qu’ils immobilisent simplement avec une vis ou une pince côté manche.
Cordes traitées et cordes revêtues
L’une des principales causes de vieillissement d’une corde est la contamination de sa surface par la transpiration, les sels, les graisses et l’humidité.
Les fabricants utilisent différentes méthodes pour ralentir ce phénomène : traitement du métal, revêtement du filage, revêtement de l’ensemble de la corde ou combinaison de plusieurs procédés.
Le but est principalement de ralentir la corrosion et l’accumulation de contaminants entre les spires du filage.
D’Addario distingue par exemple ses gammes non revêtues de ses séries XT et XS protégées contre la corrosion. D'Addario
Le compromis peut concerner la sensation sous les doigts, la durée de vie, le prix et parfois la réponse mécanique de la corde. Les technologies actuelles ont toutefois considérablement réduit la sensation de « gaine » que possédaient certains premiers modèles revêtus.
Pourquoi une corde vieillit-elle ?
Une corde ne devient pas inutilisable uniquement parce qu’elle rouille.
Sur une corde filée, les dépôts s’accumulent entre les spires, la surface s’oxyde et les déformations répétées provoquées par les frettes et les bends modifient progressivement sa régularité mécanique.
Les cordes nues peuvent également présenter de petites marques aux endroits où elles touchent les frettes.
Une corde ancienne devient donc progressivement moins homogène. Son intonation peut devenir plus difficile à régler et sa réponse changer, même lorsqu’elle ne présente aucun signe spectaculaire de corrosion.
La durée de vie ne peut pas être exprimée en nombre fixe d’heures, elle dépend énormément de la transpiration du musicien, du climat, du stockage, de la fréquence de jeu et de la composition de la corde.
Faut-il « étirer » des cordes neuves ?
Une corde métallique accordée ne continue pas simplement à s’allonger indéfiniment comme un élastique neuf. Une grande partie de la dérive observée immédiatement après le montage provient de la mise en place du système complet : enroulements autour de la mécanique, boule dans son logement, contact sur le pontet et redistribution de la tension autour du sillet.
Tirer raisonnablement sur une corde nouvellement montée aide à mettre en place ces différents éléments, puis on réaccorde jusqu’à ce que l’ensemble se stabilise.
Des tractions excessives n’apportent rien et peuvent au contraire fatiguer inutilement la corde ou ses points d’ancrage.
Avec des mécaniques à blocage et très peu d’enroulement, cette phase de stabilisation est généralement plus rapide.
Pourquoi une corde casse-t-elle ?
La rupture se produit souvent là où la corde subit simultanément tension et contraintes locales importantes : pontet, sillet, mécanique ou point de serrage.
Si plusieurs cordes cassent régulièrement exactement au même endroit, il faut donc examiner la pièce en contact avec elles avant d’accuser la qualité des cordes. Une arête vive sur un pontet peut agir comme un petit outil de coupe et provoquer des ruptures répétées.
Une corde peut également casser simplement par fatigue après de nombreux cycles de bends et de vibrato, particulièrement dans les zones où elle est régulièrement pliée.
Changer de tirant implique parfois de régler la guitare
Passer d’un jeu léger à un jeu sensiblement plus fort modifie plusieurs paramètres à la fois : la tension totale exercée sur le manche, l’équilibre d’un vibrato flottant, la façon dont les cordes passent dans le sillet et parfois la compensation nécessaire au chevalet.
Après un changement important de tirant, il peut donc être nécessaire de contrôler :
- le relief du manche ;
- la hauteur des cordes ;
- le sillet ;
- l’intonation ;
- l’équilibre du vibrato.
Ce n’est pas parce que les nouvelles cordes sont « mauvaises », mais parce que l’instrument avait été réglé pour un autre ensemble de forces.
Le tirant idéal n’existe pas
Un tirant élevé n’est pas intrinsèquement meilleur qu’un tirant léger. Il augmente généralement la tension à accordage égal et peut donner davantage de résistance sous les doigts, tandis qu’un tirant léger facilite les bends et demande moins d’effort.
Le choix dépend du diapason, de l’accordage, du style de jeu, de la hauteur recherchée, du type de vibrato et simplement des préférences du guitariste.
Billy Gibbons est célèbre pour utiliser des tirants extrêmement légers, tandis que Stevie Ray Vaughan est devenu associé à des tirants très élevés, sans que l’un des deux exemples fournisse une règle applicable aux autres musiciens.
Ce qui compte est que l’instrument soit réglé pour les cordes réellement utilisées.
Ce que change réellement une corde
Parmi toutes les pièces de la guitare électrique, la corde possède une particularité évidente : c’est elle qui produit directement la vibration détectée par le micro.
Son matériau ferromagnétique, son diamètre, sa masse linéique, sa construction et son état peuvent donc modifier directement le signal produit, sans qu’il soit nécessaire d’invoquer un mécanisme indirect.
Cela ne signifie pas qu’un type de corde possède une personnalité sonore universelle indépendante de tout le reste. Un micro magnétique réagit au mouvement de la corde et à ses propriétés magnétiques, tandis que l’ampli, les effets et le jeu du guitariste restent évidemment déterminants.
Mais contrairement à nombre de débats beaucoup plus spéculatifs autour de la guitare électrique, l’influence de la corde sur le signal se situe ici au cœur même du principe de fonctionnement du micro.
Le dernier élément de la chaîne
Avec le chevalet, le vibrato, le sillet et les mécaniques, nous avons étudié les pièces qui maintiennent et contrôlent la corde. La corde permet maintenant de relier tout cet ensemble : son diamètre conditionne le sillet, sa tension agit sur le manche et le vibrato, sa longueur dépend du diapason, son extrémité est retenue par le chevalet et sa tension est réglée par la mécanique.
Changer de cordes peut donc sembler être l’entretien le plus banal d’une guitare, mais dès que l’on change leur diamètre, leur construction ou leur accordage, on modifie plusieurs paramètres mécaniques de l’instrument en même temps.
C’est précisément ce qui nous amène à la suite : le réglage d’une guitare n’est pas une collection de vis tournées au hasard, c’est la recherche d’un équilibre autour d’un jeu de cordes déterminé.
Pour vérification, les relations entre tension, masse linéique, diapason et fréquence sont documentées par D’Addario, tout comme les constructions roundwound, flatwound et halfround ; les descriptions des alliages courants ont été recoupées avec D’Addario et Ernie Ball.