Corps évidé ou semi-hollow : dessiner ce qui reste

Une Telecaster Thinline et une ES-335 montrent deux manières très différentes de libérer de l'espace à l'intérieur d'un instrument. Dans un corps évidé, la question décisive n'est pas seulement ce que l'on retire, mais ce qui doit absolument rester plein : ancrages du chevalet, jonction du manche, fixations et zones soumises aux efforts.

Un corps chambered garde généralement une enveloppe extérieure proche d'un corps plein, avec des poches internes destinées notamment à réduire sa masse. Un instrument semi-hollow comporte des cavités plus importantes et des éléments de construction — table, éclisses ou bloc central selon les modèles — qui participent autrement à la rigidité et à la réponse mécanique. La présence d'une ouïe en F n'est pas, à elle seule, un plan de construction.

Une évidation bien placée peut alléger sensiblement un instrument, mais son influence sonore dépend de l'ensemble : essences, dimensions, épaisseurs, rigidité, chevalet, micros et niveau d'amplification. On ne peut pas déduire un son « plus acoustique » du seul volume de bois retiré.

Dessiner les zones interdites à l'évidement

Sur un chevalet traversant, les ferrules exigent une épaisseur et un appui de matière suffisants. Un vibrato nécessite parfois un bloc central ou des appuis spécifiques. Les vis de manche, les inserts de chevalet et les attaches de sangle ne doivent pas terminer dans une paroi amincie sans renfort adapté. Le contour des cavités se dessine donc après l'emplacement des organes mécaniques.

Il faut aussi connaître la méthode de fermeture : collage d'une table rapportée, assemblage d'éléments creusés, structure à bloc central. La largeur des surfaces de collage et la possibilité d'exercer une pression uniforme sont des données de conception. Une cavité impossible à fermer proprement est un échec de plan, même si elle paraît parfaite en coupe.

L'électronique peut devenir inaccessible

Un pickguard amovible permet de retirer les contrôles par l'avant ; un corps fermé à ouïes exige parfois de faire passer potentiomètres et jack par les ouvertures. Ce détail change le choix des composants, leur position et la présence éventuelle d'une trappe arrière. Il faut dessiner le trajet de montage d'un potentiomètre, pas seulement son trou.

À fort volume, certains instruments creux sont plus sensibles aux couplages acoustiques et aux rétroactions que des corps massifs ; le comportement dépend largement de leur construction et de l'amplification. Le bloc central, les épaisseurs de table et la fixation du chevalet sont donc à envisager comme des paramètres mécaniques, non comme des promesses sonores.

Une coupe montrant les poches, les épaisseurs conservées et tous les points de fixation est souvent plus utile qu'une vue extérieure. Si l'on ne peut pas expliquer en coupe comment les efforts passent du chevalet au manche, il manque encore quelque chose au dessin.