Baryton ou diapason court : changer les proportions

Allonger une guitare ne consiste pas à tirer son plan sur une photocopieuse. Une guitare baryton accordée en si et une guitare courte accordée en mi peuvent conserver le même nombre de frettes, mais leurs chevalets n'arrivent pas au même endroit, les cordes ne réclament pas le même tirant et les mains ne rencontrent pas les mêmes écarts.

Commencer par la note la plus grave

Un baryton à six cordes se situe fréquemment autour de 27 à 30 pouces de diapason, mais ce n'est pas une définition normative. Un instrument court peut descendre vers 24 pouces, voire moins selon le projet. Le choix dépend d'abord de l'accordage. Abaisser la fréquence d'une corde réduit sa tension à tirant identique ; augmenter sa longueur vibrante compense une partie de cette baisse. Une corde plus grosse constitue une autre solution, avec des conséquences sur le toucher, l'intonation et les passages dans le sillet et les mécaniques.

Il est plus efficace de comparer plusieurs jeux de cordes à accordage fixé que de décider « 28 pouces » pour son apparence. À tirant et fréquence identiques, la tension varie comme le carré du diapason : passer de 25,5 à 27 pouces augmente théoriquement la tension d'environ 12 %. Cela ne prédit pas entièrement la sensation sous les doigts, qui dépend aussi de la construction de la corde et des longueurs non vibrantes.

Où arrive le chevalet ?

Sur un plan de guitare standard, prolonger le manche de quelques centimètres sans déplacer le chevalet modifie la position de jeu ; déplacer le chevalet vers le bas du corps change au contraire la place de la main droite et les proportions visuelles. Il faut choisir ce qu'on souhaite préserver : la position du chevalet par rapport au coude, la jonction manche-corps, l'accès aux aigus ou la longueur totale.

Une guitare courte pose le problème inverse. Le corps peut paraître disproportionné si l'on réduit seulement le manche ; en raccourcissant également le corps, on change l'équilibre à la sangle et la position des contrôles. Les premières frettes deviennent plus rapprochées, ce qui aide certaines mains, mais les cordes peuvent devenir trop souples pour l'accordage recherché.

La longueur totale de corde nécessaire ne se confond pas avec le diapason : il faut ajouter le trajet derrière le sillet et au-delà du pontet. Sur certaines basses et certains barytons, les cordes courantes n'ont pas une longueur bobinée suffisante ; d'autres font arriver l'enroulement épais dans un passage prévu pour une partie affinée. Il faut aussi mesurer la course de compensation du chevalet, particulièrement pour les cordes graves épaisses.

Sur un baryton, la question décisive n'est donc pas « combien de centimètres en plus ? », mais « où seront les deux mains avec cet accordage et ce jeu de cordes ? ». Un plan grandeur nature du sillet, des frettes 1 à 5 et du chevalet donne la réponse plus vite qu'un dessin de silhouette.